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Interview AEP

ENTRETIEN avec Monsieur Jean Pierre NDOUTOUM, Directeur de l’Institut de la Francophonie pour le Développement Durable à Katowice en Pologne lors de la CdP24 sur le climat

AEP : Monsieur le Directeur, comment peut-on résumer l’essentiel de vos activités ici à Katowice pour cette COP24 sur le Climat ?

Jean Pierre NDOUTOUM:    Je peux résumer l’activité de la francophonie en deux points. Le premier point concernera l’activité de l’Institut de la Francophonie pour le Développement Durable (IFDD) proprement dit, et l’autre point concernera l’activité même de ses Etats et Gouvernements membres  qui sont venus également sur le siège de notre pavillon.

Pour ce qui concerne l’Institut de la Francophonie pour le Développement Durable (IFDD), on pourra dire mission accomplie. La mission est accomplie car, l’institut a rempli toutes ses obligations habituelles dans les pareilles circonstances c’est-à-dire il a comme d’habitude organisé des rencontres de négociateurs, organiser une concertation ministérielle francophone qui a été extrêmes courue avec la présence de quinze Ministres et Chefs de délégations qui ont pour la plus part fait des contributions. On a organisé également une série d’évènement sur son pavillon et l’institut a permis également la distribution de son outil habituel qui est le guide de négociation, des fiches techniques et également les différents résumés.

S’agissant maintenant de la francophonie des Etats dont la participation des Etats même, nous avons eu la satisfaction d’observer à travers les différents exposés les évènements parallèles auxquelles nous avons pu participer, que nos Etats membres et organisations régionales, se sont appropriés tous les enjeux des Conférences des Parties, et sont déjà dans la mise en œuvre, ont déjà commencé à réaliser des programmes importants d’adaptation ou d’atténuation. Nous avons vu plusieurs exemples avec les pays comme le Sénégal, la RDC, le Rwanda, le Québec, le Canada, et bien d’autre. Nous avons également pu observer la richesse de l’expertise francophone en matière de climat notamment sur les énergies renouvelables, sur les déchets, sur les toutes procédures de valorisation justement des déchets. Nous avons une expertise extrêmement variée en francophonie et on peut effectivement et définitivement parler de la francophonie des solutions. Oui, il existe des solutions au climat dans l’espace francophone.

L’une des attractions au pavillon de l’IFDD aurait été l’appropriation du document, du guide des négociateurs. Alors, comment appréciez-vous cette appropriation par éventuellement les délégués l’ayant sollicité et les délégués qui aurait également manifesté le besoin d’une traduction car, c’est là que cet instrument commence à aller au-delà des attentes des négociateurs francophones ?

Alors, vous fêtes bien de le souligner, le guide du négociateur est l’un des outils préférés des négociateurs et fait l’objet d’une fierté particulière de la part du monde francophone et de la francophonie pour le développement durable, son promoteur. Ce qui avait été conçu initialement pour aider les délégations francophones, les délégués francophones à s’approprier la plus part des enjeux des négociations et à se donner les moyens de comprendre tous ces enjeux liés aux négociations internationales avec leurs différentes déclinaisons. Il se trouve que dans la pratique le guide a été non seulement effectivement un outil d’aide à la décision pour les négociateurs francophones, mais également fait l’objet d’une sollicitation des autres espaces géographiques. Et, vous fêtes bien de le rappeler qu’il est sorti aujourd’hui de la francophonie et qu’il existe maintenant une version en anglais du guide et nous sommes fiers de voir qu’un outil conçu pour la francophonie a franchi les limites.  Il nous est même arrivé à, l’occasion d’avoir des traductions en espagnol ou des traductions en arabe. Ce guide, je découvre avec beaucoup d’enthousiasme que ce guide est même utilisé par des professeurs d’université comme support de cours sur la thématique climatique.  Aujourd’hui, effectivement nous avons le souci étant donné la complexification je dirai des processus de négociation ; cette complexification se fait d’année en année, de Cdb en Cdb, de nouveaux enjeux sont évoqués et la rédaction du guide est devenus aujourd’hui un chalenge. Et, je connais très peu de personnes aujourd’hui qui soit capable de maitriser l’ensemble des thématiques liées à ces négociations internationales. D’où la spécialisation, je dirai la spécialisation actuelle des négociateurs que l’on observe. Pour la francophonie, l’enjeu aujourd’hui d’avoir un guide qui soit   en même temps complet mais qui soit aussi facile d’exploitation. C’est la raison pour laquelle nous envisageons sérieusement une autre version du résumé pour décideurs, pour résumer encore davantage. Et nous avons également pu inaugurer dès cette année la mise en ligne de ce guide de négociateurs par la diffusion d’une application, d’une AP du guide des négociateurs qui d’ailleurs ne concerne pas seulement les négociations sur le climat, mais qui concerne l’ensemble des trois Conventions. Cette application permet également de donner la position et le programme des activités de la francophonie en direct. Alors, cette application est téléchargeable et je crois, elle est ouverte à tous et absolument gratuite.

 

 Durant vos activités, vous avez eu beaucoup de rencontre bilatérale avec vos partenaires et les Etats membres également, au-delà de la position d’observateurs de l’IFDD, qu’est-ce qu’on peut avoir comme appréciation sur l’ensemble de ces contacts au cours de cette rencontre ?

C’est une excellente observation ; étant donné que la francophonie, vous le mentionner bien, n’est pas partie mais plutôt observateurs, nous sommes assez rarement sur le site même des négociations. En revanche notre travail qui se fait en support à nos pays membres en back up fait en sorte que nous avons beaucoup d’entrevue et beaucoup de bilatérale et c’est dans ce sens que nous avons pu conclure un certain nombre de partenariats qui souhaite conclure des partenariats préexistants par des ententes tel que celle nous allons signer en fin d’après-midi avec Energie 2050. Nous avons également des partenariats naissants par exemple avec l’alliance internationale solaire. Nous avons eu des contacts privilégié avec Climate change qui regroupe l’ensemble des acteurs non Etatiques et avec lesquelles nous avons également l’intention de collaborer dans les mois et années à venir. Et nous avons eu également un certain nombre de bilatérale avec les pays membres notamment avec le Québec, avec la Wallonie, avec Monaco.    En fait, on a eu beaucoup d’autres bilatérales que je ne pourrai pas toutes reprendre dans les détails mais, vous comprendrez que, l’essentiel de notre travail pendant les Conférences des Parties  se fait vraiment dans les coulisses et en marge des négociations.

Raoul SIEMENI

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