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Interview AEP

MADAME MFOULA Marie Thérèse, Secrétaire Générale Adjointe de la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC)

« .. Le projet PREREDD.. L’objectif global visé est de lutter contre la déforestation, la dégradation des forêts du Bassin du Congo, deuxième poumon vert après l’Amazonie…il faut parler d’une même voix afin de sauver les forêts du Bassin du Congo qui sont très importantes pour la survie de l’humanité. C’est pour cela qu’un regard particulier est accordé à la gestion durable de ces forêts . »

AEP : Vous avez tenu le dernier atelier de pilotage du projet PREREDD, qu’est-ce qu’on peut retenir comme avancées dans ce projet qui tire à sa fin au niveau de la CEEAC ?

Mme Mfoula Marie Thérèse : Effectivement, nous avons tenu le dernier comité de pilotage du projet REDD pour le renforcement des capacités institutionnelles dans le secteur REDD+ des pays du secteur du Bassin du Congo. Nous avons à l’issue des débats, constaté les avancées et les réalisations du projet qui avait trois composantes. La connaissance même et les informations qu’on devait partager entre États sur les données en matière des forêts notamment les mesures des stocks de carbone forestier, dans la sous-région sans oublier l’identification des données pour l’élaboration des équations allométriques qui permettent donc de maitriser des données permettant également d’assurer la conservation et la gestion durable des forêts et même de juguler le changement climatique. L’objectif global visé est de lutter contre la déforestation, la dégradation des forêts du Bassin du Congo, deuxième poumon vert après l’Amazonie. Et les appuis qui sont apportés à la sous-région visent à assurer cette préservation conformément à une résolution de l’Organisation des Nations Unies (ONU) qui a demandé à la communauté internationale d’appuyer la mise en œuvre du plan de convergence de la COMIFAC (Commission des Forêts d’Afrique Centrale) pour la survie de l’humanité s’agissant de cette résilience aux changements climatiques.

 Effectivement ce projet n’était réservé que pour six pays de la zone CEMAC. Alors, quel regard global au regard de l’intérêt suscité par les pays non membres et quelles seront les perspectives projetées pour éventuellement pérenniser les acquis de ce projet ?

Justement, ce projet a suscité l’intérêt, une importance capitale pour les pays de la sous-région. La CEEAC est constituée de onze États membres, il n’y a eu que six concernés par cette première phase, c’est pour cela que les dispositions sont prises pour enclencher le processus afin de pérenniser le projet et que cette initiative puisse s’étendre sur les onze pays membres. Au regard de l’importance de cette question même dans l’agenda international, le processus est enclenché dans ce sens en espérant que les partenaires accepteront d’appuyer tous les onze États membres de la CEEAC hors mis les six premiers pays. Car, il faut parler d’une même voix afin de sauver les forêts du Bassin du Congo qui sont très importantes pour la survie de l’humanité. C’est pour cela qu’un regard particulier est accordé à la gestion durable de ces forêts.

Parlant justement des perspectives dans le cas de la pérennisation de ces acquis, quelle est la projection de la CEEAC en termes de mesures prises pour qu’il n’y ait pas un grand décalage dans le cadre du suivi et de la pérennisation de ces acquis ?

Les Chefs d’État de la sous-région ont adopté une politique en matière de préservation, de conservation et de gestion durable des forêts de même qu’une économie verte qui doit être réalisée dans la sous-région. L’institution technique de la CEEAC qui est la COMIFAC, a déjà commencé avec des démarches pour que le projet puisse être pérennisé. A l’occasion du conseil des ministres de la COMIFAC prévu le 15 mars prochain à Brazzaville, les dispositions seront prises afin qu’ensemble ils se battent comme ils l’ont fait à Copenhague pour que REDD+ soit inséré dans les consultations internationales, par la suite dans l’Accord de Paris lors de la Cop 21 en 2015. Pour cela, il faut que les efforts soient mutualisés afin que les appuis soient également apportés à la COMIFAC, bras technique de la CEEAC pour parvenir à obtenir la phase 2 des investissements qui doivent être faits. De même que la compensation qui doivent suivre pour ces pays qui préservent, conservent et assurent la gestion durable des forêts en perdant quelque peu les rentrées des devises sur la vente de ce bois.

Pour conclure, peut-on dire que l’Afrique Centrale est aujourd’hui prête à bénéficier des financements visant à résoudre les problèmes liés au stockage de carbone ?

Exactement. C’est pour mieux négocier au cours des consultations internationales sur le marché de carbone que nous avons eu l’appui des partenaires techniques et financiers afin de connaitre même les mesures de stock de carbone forestier, pour pourvoir mieux nous positionner pour bénéficier des opportunités qui s’offrent sur le marché international. A cet effet, la sous-région (la CEEAC et la COMIFAC) profitent donc de l’opportunité pour remercier tous les partenaires techniques et financiers particulièrement la Banque Mondiale, le Fonds Mondial pour l’Environnement et tous les autres qui nous ont accompagné par des appuis multiformes pour que ceci puisse se concrétiser au regard des résultats obtenus et appréciables. Nous espérons que tout se déroulera bien pour qu’au niveau de la phase 2, qu’on voit beaucoup plus du concret.

Par Raoul SIEMENI

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