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Interview AEP

Madame Rosalie Matondo, Ministre de l’Economie Forestière, du Développement Durable et de l’Environnement du Congo

AEP  s’est rapproché de Madame Rosalie Matondo,  Ministre de l’Economie Forestière, du Développement Durable et de l’Environnement de la république du Congo, afin de faire le point sur le déroulé de la grande conférence africaine qui s’est tenue à Oyo sur l’initiative du fonds bleu portée par la République du Congo

AEP : Le Congo vient d’organiser avec succès la conférence sur le fonds bleu. Au terme de ces assises, quelle lecture faites-vous de cet outil mis en place par la république du Congo ?

Rosalie Matondo : Pour le Congo, ce fût un grand succès de voir les autres pays frères venir s’engager dans le cadre du fonds bleu pour le bassin du Congo. Comme vous pouvez le remarquer, c’est avec une rapidité depuis la COP22 de Marrakech en Novembre, que nous avons pu tenir cette conférence pour que les pays signent la création de ce fonds. Nous étions très heureux de voir que les pays frères ont répondu présents et nous avons seulement l’absence de trois pays sur les douze que compte le bassin du Congo. Nous avons aussi apprécié le fait que le Maroc qui assure la présidence de la COP 22 puisse aussi s’associer à cette initiative qui a été lancée là-bas et signer aussi le mémorandum d’entente. Il a aussi été voté à l’unanimité par les pays du bassin du Congo que le Royaume du Maroc nous accompagne dans le cadre de l’opérationnalisation et de la mise en œuvre du fonds bleu. Ce sont là les deux principaux succès de la conférence, mais n’oublions pas aussi qu’à l’unanimité ou presque, tous les pays frères ont désigné Brazzaville comme siège du fonds bleu pour le bassin du Congo.

 Après la ratification par les dix pays du mémorandum d’accord, quelle est la prochaine étape ?

La prochaine étape est la désignation des cadres qui vont siéger dans le comité Ah ‘doc. Nous mettons en place un comité Ah’doc où tous les pays seront représentés et qui va préparer les éléments de la gouvernance du fonds bleu.  Ce comité va aussi proposer les termes de référence pour un cabinet d’études qui va à son tour proposer les mécanismes du fonds  et le comité Ah ’doc aura la charge d’organiser  la première réunion du fonds qui concernera tous les pays,  non seulement les pays du bassin du Congo, mais aussi tous les pays qui voudraient bien aider l’approvisionnement du fonds, nous accompagner dans le cadre de la mise en œuvre du fonds, mais également tous les donateurs y seront associés. Nous allons faire une grande table ronde afin qu’il y ait des engagements. Nous voulons aussi que lors de cette grande conférence internationale sur le fonds bleu, que les pays puissent déjà proposer des projets qui pourront être financés et nous souhaitons que lors de la COP23 prochaine, nous puissions annoncer que le fonds bleu est déjà fonctionnel.

Qu’est-ce qui peut être retenu comme contribution des partenaires ou des états en vue d’accélérer la mise en place de ce fonds ?

Comme vous le savez, les pays africains ont une faiblesse dans l’attrait des financements, c’est le cas par exemple du fonds vert pour le climat où nous sommes là dans le cadre de la préservation de l’environnement et de la lutte contre les effets du changement climatique. Donc, nous  voulons que le premier pourvoyeur du fonds bleu  soit le fonds vert pour le climat. Une attention particulière sera accordée au fait que nous devons être efficaces dans l’approvisionnement de notre fonds par le fonds vert. Il y a des mécanismes qui existent et nous devons penser à l’accréditation de ce fonds bleu au niveau du fonds vert. Nous n’oublions pas les contributions bilatérales c’est-à-dire que les pays peuvent vouloir aider le bassin du Congo en contribuant au développement durable, comme la Norvège et l’Angleterre et nous espérons que d’autres pays pourront se joindre à cette initiative. N’oublions pas les efforts personnels, les contributions des pays que nous avons laissées volontaire toujours pour essayer de confirmer cet engagement des douze pays à s’autofinancer, c’est le cas de l’organisation de ces réunions qui sont exclusivement prises en charge par les budgets nationaux.

Quel est le rôle des institutions comme la COMIFAC, la CEEAC et autres en rapport avec des politiques déjà portées comme le fonds vert que vous avez évoqué ?

Effectivement, nous sommes entrain de faire l’harmonisation des politiques décidées par les chefs d’états au niveau de la COMIFAC. Mais, ces politiques concernaient la gestion forestière durable et aujourd’hui, nous voulons associer à cette gestion durable des forêts, la gestion des eaux. Pour nous, la COMIFAC et la CEEAC sont parties prenantes de l’initiative et ces institutions doivent d’office participer au comité ah ’doc et à tout le processus du fonds bleu pour le bassin du Congo, car le fonds va permettre la réalisation non seulement des projets nationaux, mais des projets intégrateurs de la sous-région.   Nous avons certes déploré l’absence de la CEEAC à la réunion, mais la COMIFAC était présente et même le PFBC a souhaité participer et cela ne peut que nous réjouir.

Un autre fait marquant a été l’appropriation de cet outil par les acteurs au développement. Peut-on dire que cela augure d’une perspective de succès quand on sait que certaines initiatives naissent mais ont du mal à prendre leur envol ?

En effet, nous ne voulons pas prendre exemple sur ce qui n’a pas fonctionné car cette fois-ci nous pensons que cette initiative doit fonctionner. Autrement, nous ne serons pas à l’aise de parler de cet outil que nous mettons en place et une réelle volonté des chefs d’états. Parmi les initiatives africaines à la COP22, nous avons eu des engagements très forts des chefs d’états avec  des initiatives comme   » Eau pour tous « ,  » Les 3A » dont l’Agriculture, etc. Mais, le fonds bleu est l’une des initiatives où l’on a parlé de l’action africaine pour la lutte contre le changement climatique et je pense aussi que les partenaires vont nous accompagner dans le cadre de cet engagement. Au regard de tout cela, nul doute que le fonds bleu augure d’un avenir certain et un véritable engagement des partenaires à nous accompagner, car la prochaine crise sera celle de l’eau et certaines régions se battent déjà pour cela. Et je pense que notre chef d’état Denis Sassou N’Guesso a été un visionnaire de penser à lancer une telle initiative.

Par Raoul SIEMENI

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