Au Congo, la protection de la couche d’ozone ne relève plus seulement des engagements internationaux. Elle se joue aussi dans les circuits d’importation, aux postes de contrôle et dans la capacité des agents à reconnaître les substances réglementées. C’est tout l’enjeu de l’atelier organisé le 24 septembre 2026 à Brazzaville par le ministère de l’Environnement, du Développement durable et du Bassin du Congo, en collaboration avec le Bureau national d’Ozone.
Plus d’une cinquantaine de douaniers et d’acteurs des secteurs public et privé ont été formés à l’identification des substances appauvrissant la couche d’ozone (SAO) et à la lutte contre leur trafic illégal. Étiquetage, codification, documents douaniers, classification des produits, reconnaissance des réfrigérants et utilisation d’équipements de détection : la formation a porté sur les outils nécessaires pour transformer la réglementation en contrôle effectif.
Pour Lucien Ekou, coordonnateur national du Bureau Ozone Congo, l’urgence demeure. « Le ciel bleu ne signifie pas que tout est sous contrôle », a-t-il rappelé, soulignant que la reconstitution complète de la couche d’ozone pourrait encore prendre 50 à 100 ans, à condition d’éliminer les gaz destructeurs. Son ambition est claire : faire de « la prévention et du contrôle coopératif » les fondations de la lutte contre le trafic illégal des substances réglementées.
Le cadre juridique congolais est explicite. L’article 25 de la loi n°33-2023 du 17 novembre 2023 portant gestion durable de l’environnement en République du Congo dispose : « Sans préjudice de l’application des textes en vigueur, la production, l’importation, l’exportation, la réexportation, la vente et l’utilisation des substances qui appauvrissent la couche d’ozone, des produits et des équipements en contenant, sont subordonnées à une autorisation préalable du ministre chargé de l’environnement. Un décret en Conseil des ministres fixe les modalités d’obtention de cette autorisation. »
Une disposition qui donne une portée réglementaire concrète à la protection de la couche d’ozone, mais dont l’efficacité repose désormais sur son application, notamment au niveau des importations et des contrôles aux frontières.
Pour Geneviève Samba, directrice générale de l’Environnement, la protection de la couche d’ozone constitue une priorité gouvernementale. Elle a appelé les participants à traduire les connaissances acquises en pratiques concrètes, présentant l’atelier comme une étape vers un dispositif national de protection plus solide.
L’enjeu est donc désormais celui de l’application. Former les douaniers, renforcer la coopération entre administrations et professionnaliser le contrôle des produits ne sont pas de simples mesures techniques : ce sont les conditions qui permettent au Congo de donner une portée réelle à ses engagements internationaux.
Car si la protection de la couche d’ozone commence dans les accords internationaux, elle se vérifie, elle, aux frontières du pays.
Jany ELENGA



