Lancé le 29 septembre 2026 à Brazzaville, conjointement avec les travaux de la première réunion du Comité de pilotage (Copil), le processus BIOFIN doit aboutir à l’élaboration d’un Plan national de financement de la biodiversité, destiné à mieux évaluer les besoins du pays, optimiser les ressources disponibles et identifier de nouveaux mécanismes de financement. Les travaux de la réunion du Copil et l’atelier de lancement officiel du projet ont débuté sous la présidence de la ministre de l’Environnement, du Développement durable et du Bassin du Congo, Arlette Soudan-Nonault. Porté avec l’appui du Fonds mondial pour l’environnement et du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), le processus doit également contribuer à l’extension du réseau d’aires protégées terrestres et marines du Congo, en vue d’atteindre la cible de 30 % de protection du territoire d’ici à 2030.
Pendant trois jours, administrations publiques, secteur privé, institutions financières, chercheurs, société civile et partenaires techniques et financiers ont travaillé sur les priorités et la feuille de route du processus.
Pour la ministre de l’Environnement, du Bassin du Congo et du Développement durable, Arlette Soudan-Nonault, l’enjeu est de faire de BIOFIN un instrument directement connecté aux priorités nationales. « BIOFIN n’est pas un projet isolé, il est un instrument au service de la mise en œuvre de nos politiques et stratégies nationales », a-t-elle déclaré. Le dispositif doit notamment contribuer à créer les conditions financières nécessaires à la mise en œuvre de la Stratégie et du Plan d’action national pour la biodiversité 2025-2030.
Cette stratégie fixe notamment l’ambition d’étendre la protection des espaces terrestres et marins afin de contribuer à la cible de 30 % de protection à l’horizon 2030. Mais pour le Congo, l’enjeu est désormais de faire correspondre cette ambition aux moyens disponibles. Protéger durablement les forêts, les zones humides, les tourbières ou les écosystèmes marins nécessite des financements réguliers pour la conservation, la surveillance, la restauration et l’accompagnement des communautés.
C’est précisément sur cette question que BIOFIN entend apporter une réponse. Selon la représentante résidente du PNUD au Congo, Adama Dian Barry, il ne s’agit pas seulement de rechercher de nouveaux financements. Le processus doit d’abord permettre de savoir combien le pays consacre actuellement à la biodiversité, quels sont ses besoins réels et où se situe le déficit de financement, avant d’identifier les moyens d’utiliser plus efficacement les ressources existantes et d’en mobiliser de nouvelles. L’enjeu est ainsi de mobiliser et d’attirer les financements tout en produisant des résultats durables sur la biodiversité, l’économie et les communautés, a-t-elle indiqué. Dans cette perspective, elle estime que l’ambition commune doit être de faire de la biodiversité « non pas seulement un patrimoine à préserver, mais également un capital naturel à valoriser de manière durable, équitable et inclusive au service du développement de la République du Congo ».
Pour la ministre, cette démarche doit surtout permettre de changer de logique. La biodiversité ne devrait plus être perçue uniquement comme une charge financière, mais comme un espace d’investissement, d’innovation, de fiscalité incitative et de création d’emplois verts et bleus. Cette orientation ouvre notamment la réflexion sur le rôle que pourraient jouer davantage le secteur privé et les institutions financières dans la conservation et la valorisation durable du patrimoine naturel congolais.
L’autre enjeu sera donc celui de la concrétisation. Le Congo dispose désormais d’une stratégie nationale pour la biodiversité sur la période 2025-2030 ; BIOFIN devra contribuer à lui donner les moyens de sa mise en œuvre. Le futur plan devra ainsi permettre d’identifier les priorités, de mesurer les besoins et de proposer des solutions de financement adaptées aux réalités du pays.
Au-delà de la mobilisation de ressources, le défi est finalement de faire de la biodiversité un investissement durable au service du développement du Congo. C’est sur cette capacité à transformer les engagements en financements effectivement mobilisés et en résultats mesurables que sera jugée la portée de BIOFIN.
Jany ELENGA



