
Le gouvernement congolais procède à la validation du plan de mise en œuvre et d’investissement de la Contribution Déterminée au niveau National (CDN 3.0), un document stratégique destiné à traduire les engagements climatiques du pays en actions concrètes et à mobiliser les financements nécessaires à leur réalisation. Ouvert ce lundi 19 octobre à Brazzaville, en présence des autorités nationales, les représentants des agences du système des Nations Unies ainsi que les partenaires techniques et financiers ; cette nouvelle étape marque une avancée importante dans la stratégie climatique du Congo.
Un plan d’investissement pour mobiliser les financements climatiques
Pour le représentant du NDC Partnership Monsieur Denis Kireche, la validation de ce plan d’investissement constitue un signal fort, mais son succès dépendra avant tout de sa mise en œuvre effective et de sa capacité à attirer des financements. Il souligne le rôle joué par la coalition dans la facilitation du dialogue entre le ministère en charge de l’environnement, les bailleurs de fonds et les partenaires techniques mobilisés autour du processus.
Le responsable a insisté sur la nécessité d’intégrer pleinement la CDN 3.0 au futur Plan national de développement afin d’éviter toute juxtaposition de cadres d’intervention. Selon lui, le plan d’investissement doit devenir un outil central de planification, capable d’orienter les investissements publics et de mobiliser les ressources nationales et internationales nécessaires à la transition climatique du pays. Le NDC Partnership a par ailleurs réaffirmé sa disponibilité à accompagner le Congo dans la recherche de partenaires et de financements.
Intervenant à son tour, le coordonnateur résident du système des Nations Unies au Congo, Abdourahamane Diallo, a salué le leadership du gouvernement congolais dans l’actualisation de sa CDN. Il a rappelé que les effets des changements climatiques se font déjà ressentir à travers l’érosion côtière, les perturbations des cycles agricoles et les inondations qui affectent plusieurs localités du pays.
Dans ses propos, il souligne le fait que le plan de mise en œuvre et d’investissement de la CDN 3.0 permettra de transformer les ambitions environnementales du Congo en une trajectoire de développement économique et social « concrète, inclusive et mesurable ». Le document couvre un large éventail de secteurs, dont les énergies renouvelables, l’agriculture résiliente, la gestion durable des forêts et des tourbières ainsi que la protection des villes et des zones côtières.
Le coordonnateur résident a également mis l’accent sur les besoins de financement liés à cette ambition. D’après lui, près de 81,5 % des ressources nécessaires à la mise en œuvre de la CDN relèvent d’un financement conditionnel dépendant du soutien de la communauté internationale. Il a ainsi appelé les partenaires multilatéraux, bilatéraux et les fonds climatiques à renforcer leur accompagnement en faveur du Congo, tout en saluant la récente mobilisation de plus de 3,6 milliards de dollars en faveur du Fonds Bleu pour le Bassin du Congo.
La CDN 3.0, levier d’une croissance verte et résiliente
De son côté, la ministre de l’Environnement, du Développement durable et du Bassin du Congo, Mme Arlette Soudan-Nonault, a rappelé que la protection de l’environnement constitue un choix stratégique inscrit dans les fondements institutionnels de la République du Congo. Elle souligne le fait que le pays dispose d’importants atouts écologiques, notamment ses forêts, ses tourbières, ses mangroves et sa riche biodiversité, qui contribuent à la régulation du climat mondial.

La ministre a expliqué que le plan de mise en œuvre et d’investissement de la CDN 3.0 doit permettre de passer des engagements aux résultats concrets en identifiant clairement les actions prioritaires, les responsabilités institutionnelles et les besoins financiers. Elle a notamment mis en avant les efforts engagés par le Congo pour renforcer son cadre législatif et institutionnel en matière de développement durable et de gestion de l’environnement.
Pour Mme Arlette Soudan-Nonault, la transition climatique représente également une opportunité de développement économique. Elle a cité le Programme intégré pour une croissance verte et résiliente ainsi que les projets prévus dans les domaines des énergies renouvelables, de l’agriculture durable, de la foresterie, des transports, de l’eau et des villes résilientes. Ces initiatives visent à promouvoir une économie verte et bleue tout en créant des emplois et en valorisant durablement le patrimoine naturel du pays.
À travers la validation de ce plan, le Congo entend ainsi disposer d’un cadre opérationnel de référence pour la mise en œuvre de sa politique climatique. Les différents intervenants ont convenu que le principal défi reste désormais la mobilisation des ressources nécessaires afin de transformer les ambitions affichées en réalisations concrètes au bénéfice des populations et du développement durable.
Jospin Grace OPARA



