
Le Centre International des Conférences de Kintélé a accueilli, le 5 décembre 2025, le lancement officiel du module Fiscalité, composante clé du Système Informatisé de Vérification de la Légalité (SIVL) de la République du Congo.
Présentant le SIVL, le Directeur des Systèmes d’Information, Okina Elenga-Ngaporo, a insisté sur le fait que l’outil est bien plus qu’une formalité administrative : il symbolise l’engagement profond de l’État en faveur d’une transformation numérique à la fois solide et indépendante.
Il a dévoilé l’architecture complexe et l’ambition technologique derrière ce système qui est « d’abord un système informatique robuste, conçu pour accompagner durablement la transformation digitale de l’État ».
Architecture SIVL : un pilier de la Légalité
Selon Okina Elenga-Ngaporo, le SIVL se présente comme une plateforme intégrée et évolutive, loin d’être un simple outil de collecte de données. Son architecture intègre plusieurs modules stratégiques pour garantir la légalité et l’efficacité dans la gestion de la filière bois :
- Base de Données Centralisée et Sécurisée.
- Module de Traçabilité : capable de suivre chaque lot de bois « depuis le forêt jusqu’à l’exportation. »
- Module Fiscalité : le module lancé, conçu pour « générer, calculer, rapprocher et contrôler les obligations financières. »
- Module Légalité : qui vérifie automatiquement que toutes les opérations et les acteurs sont conformes aux lois en vigueur, s’assurant que seul le bois légal entre dans la chaîne.
« Cette architecture évolutive a été pensée pour durer, et pour s’adapter aux exigences futures du secteur forestier et des finances publiques », a assuré M. Elenga-Ngaporo.
La souveraineté numérique
Un point fondamental de l’intervention de Okina Elenga-Ngaporo a été l’ancrage national du SIVL : « le système est entièrement hébergé en République du Congo, dans les datacenters du Ministère des Finances à Brazzaville et à Pointe-Noire ».

« Ce choix technologique traduit notre engagement pour une souveraineté numérique totale, la maîtrise de nos infrastructures et la protection de nos données stratégiques », a-t-il affirmé.
Cette décision assure non seulement la sécurité des données, mais positionne également l’État comme le maître d’œuvre technique de la mise en œuvre de l’Accord de Partenariat Volontaire (APV) FLEGT.
Loin d’être isolé, le SIVL se veut être le cœur de l’écosystème numérique du Ministère des Finances. Il est conçu pour fonctionner en interconnexion directe avec toutes les régies financières (Trésor, Douanes, Impôts, etc.) ainsi qu’avec les systèmes des opérateurs forestiers.
Ces interactions, réalisées via des API sécurisées et des protocoles normalisés, garantissent :
- La cohérence fiscale et douanière.
- La sécurisation des flux financiers.
- La transparence des opérations forestières.
L’objectif de ce premier module est de calculer automatiquement les taxes, de détecter les anomalies et incohérences, et d’améliorer la qualité et la fiabilité des recettes de l’État, répondant ainsi à la priorité nationale de modernisation des ressources publiques.
Un instrument de transformation
« Le SIVL n’est pas seulement un outil technique. C’est un instrument de transformation numérique, un levier de transparence, un garant de légalité et un pilier de la performance des finances publiques », a-t-il conclu, saluant l’effort conjugué des équipes du Ministère de l’Économie Forestière, des experts de l’Union Européenne, des développeurs et des acteurs de la filière.
Enfin, Okina Elenga-Ngaporo a réaffirmé l’engagement de la Direction des Systèmes d’Information à maintenir le SIVL « à la pointe de la technologie ».
Wilfrid Lawilla DIANKABAKANA






