Banner
Environnement

CDN 3.0 :Le Congo chiffre son ambition climatique à 8,6 milliards de dollars

Vingt-quatre heures seulement après avoir soumis sa 3e Contribution Déterminée au Niveau National (CDN 3.0) à la Convention cadre des Nations-Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC), la République du Congo passe à la phase opérationnelle. Le 12 février 2026, la Ministre de l’Environnement, du Développement durable et du Bassin du Congo,Arlette SOUDAN-NONAULT a donné le coup d’envoi de la mobilisation financière de 8,6 milliards de dollars pour la mise en œuvre du plan d’actions opérationnel et d’investissements de cette CDN, afin de transformer l’ambition écologique en moteur de croissance. Les travaux de cet atelier ont été ouvert en présence du coordonnateur résident du système des Nations Unies, Abdourahamane Diallo, ainsi que d’autres partenaires techniques et financiers.

Ces assises marquent le passage d’un engagement stratégique à une phase plus technique d’actions sectorielles concrètes. Ce document stratégique n’est pas une simple formalité administrative. Il s’agit d’une feuille de route transversale touchant l’énergie, l’agriculture, l’eau, la sante et la biodiversité, tout en intégrant des priorités sociales majeures comme le genre et la jeunesse.

8,6 MILLIARDS DE DOLLARS : L’ENJEU DU FINANCEMENT

L’enjeu est désormais financier. Les besoins estimés pour la mise en œuvre de la CDN 3.0 s’élèvent à 8,6 milliards de dollars américains pour la période 2025-2035. Ce montant devra être mobilisé auprès des partenaires multilatéraux, des fonds climatiques et via des mécanismes innovants, notamment le marché carbone.

Pour réunir cette somme, le pays mise sur une stratégie hybride :

  • Le soutien des partenaires multilatéraux et des fonds climatiques mondiaux.
  • L’exploitation des mécanismes innovants, avec en ligne de mire le marché carbone, où le Congo entend valoriser son immense capacité de séquestration.

UN LEADERSHIP SALUE PAR LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE

Présent à cette cérémonie, le Coordonnateur Résident des agences du système des Nations-Unies Abdourahamane Diallo, a salué efforts de la République du Congo en matière de diplomatie climatique, ce qu’il qualifie de « signal fort de leadership climatique ».

« La République du Congo a élaboré sa CDN avec des engagements très ambitieux. A travers cette CDN 3.0, elle renforce davantage son puit net carbone et se fixe pour quatre mille trajectoire de développement sobre en carbone résilient, inclusif et durable. Elle a déjà été transmise au secrétariat de la CCNUCC et rejoint ainsi plus de 120 pays ayant soumis leur nouvelle contribution. C’est un signal fort de leadership climatique. Le système des Nations-Unies est fière d’avoir accompagné ce processus en cohérence avec les orientations du Secrétaire Général des Nations Unies », a-t-il affirmé.

LE BASSIN DU CONGO, POUMON ECONOMIQUE ET ECOLOGIQUE

Dans cette quête de ressources, l’appui technique reste crucial. Parmi les partenaires stratégiques figure l’Initiative pour la forêt de l’Afrique centrale (CAFI), qui joue un rôle central dans la protection et la gestion durable des forêts du Bassin du Congo. À travers ses financements et son appui technique, la CAFI soutient la réduction de la déforestation, la promotion d’une agriculture durable, le renforcement de la gouvernance forestière et la mise en place de mécanismes de suivi carbone. Son accompagnement, aux côtés d’agences comme le NDC-Partnership, le PNUD, la FAO et l’UNOPS, a contribué à l’élaboration de la CDN 3.0.

Ce front commun des partenaires vise un équilibre délicat : protéger le capital forestier du Bassin du Congo tout en finançant le développement économique d’une nation qui se positionne désormais comme un leader de la gouvernance climatique africaine.

Ouvrant ces travaux d’élaboration du plan d’action et d’investissement de la CDN 3.0,la Ministre de l’Environnement, du Développement durable et du Bassin du Congo, Secrétaire Exécutive de la Commission Climat du Bassin du Congo, Arlette SOUDAN-NONAULT a martelé sur l’urgence de cette transition. Plus qu’un document administratif, la CDN 3.0 se veut une feuille de route transversale touchant l’énergie, l’agriculture, la santé et la biodiversité, tout en plaçant la jeunesse et l’équité de genre au cœur du dispositif.

« Le plan d’action opérationnel doit être notre feuille de route. Il doit identifier les encrages institutionnels, définir les responsabilités et instaurer les cadres de transparence et de redevabilité rigoureux, indispensable au marché du carbone et aux investissements internationaux. En lançant ce processus, le Congo envoie un message fort à la communauté internationale. Nous ne nous contentons pas de plaider pour la justice climatique, nous agissons avec méthode pour transformer nos engagements en résultats mesurables sur le terrain au profit des plus vulnérables », a-t-elle déclaré.

Au-delà des chiffres et des stratégies, le succès de cette CDN 3.0 repose désormais sur une équation complexe : la capacité du Congo à transformer son immense capital naturel en flux financiers concrets. Si les 8,6 milliards de dollars sont mobilisés, le pays ne sauvera pas seulement ses forêts ; il prouvera qu’un modèle de développement sobre en carbone est possible en Afrique centrale.

Marie CHOCO

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Banner