
Ouvert ce 05 août 2026 au Village Bambou Mingali, La Grande Foire Agricole du Congo (GFAC) qui en est à sa deuxième édition, ne se limite pas à une vitrine de produits agricoles. Elle devient aussi un espace de réflexion sur l’avenir de l’agriculture face aux défis climatiques. C’est ce qu’a rappelé Mme Arlette Soudan-Nonault, Ministère de l’environnement, du bassin du Congo et du développement durable, en insistant sur la nécessité d’une agriculture résiliente et durable.
L’agriculture, pilier du projet de société
Pour la ministre, l’initiative du président Denis Sassou N’guesso s’inscrit dans une cohérence globale : « Au centre du projet de société du chef de l’État, c’est l’agriculture au sens large. C’est le panier de la ménagère. » Mais elle souligne que cette agriculture doit désormais intégrer les impératifs environnementaux, car « il ne peut y avoir d’agriculture sans parler d’une agriculture résiliente aux changements climatiques ».
Les défis du climat et de la durabilité
Mme Soudan-Nonault met en avant les impacts directs du dérèglement climatique sur les cycles agricoles, ainsi que les risques liés à l’utilisation d’engrais polluants. Elle a rappelé l’importance des études d’impact environnemental et des recommandations pour guider les agriculteurs dans le choix des semences et des pratiques adaptées. La protection des sols, la préservation de la biodiversité et la gestion durable des ressources naturelles sont au cœur de cette vision.
Une approche transversale

Le ministère de l’Environnement ne se limite pas à la gestion des forêts ou des terres agricoles. Il englobe aussi la ressource en eau, la faune, la pêche et même les aspects vétérinaires. La ministre a alerté sur les risques sanitaires liés à une mauvaise gestion des ressources, comme la pollution des eaux ou la consommation de gibiers hors saison, qui peuvent provoquer des zoonoses. « Nous sommes condamnés à travailler ensemble, car l’agriculture et l’environnement sont indissociables », a-t-elle insisté.
Vers une économie verte
Au-delà de la production alimentaire, Mme Soudan-Nonault évoque l’économie du climat et l’importance d’encadrer les jeunes entrepreneurs agricoles et piscicoles. Elle a rappelé l’existence de lois et de stratégies nationales, telles que la contribution déterminée au niveau national et la loi sur la gestion durable de l’environnement, qui doivent être vulgarisées auprès des acteurs du secteur. L’objectif est clair : bâtir une agriculture qui soit à la fois productive, respectueuse de l’environnement et génératrice de richesses.
Une foire comme espace de dialogue

En parcourant les pavillons, la ministre a constaté l’intérêt croissant des agriculteurs et des entrepreneurs pour ces enjeux. Elle encourage la mise en place de carnets de suivi pour recueillir les besoins des producteurs et des consommateurs, afin d’intégrer ces attentes dans les politiques publiques. « C’est déjà très bien qu’ils aient compris l’importance de ce grand salon de l’agriculture. Nous allons continuer à les soutenir et à les accompagner au quotidien », a-t-elle conclu.
La GFAC 2026 se révèle ainsi non seulement comme une vitrine agricole, mais aussi comme un forum où se dessine l’avenir d’une agriculture congolaise durable, capable de nourrir le pays tout en protégeant ses ressources naturelles.
Jospin Grace OPARA



