Face à l’urgence climatique et à la perte de la biodiversité, le gouvernement congolais passe à la vitesse supérieure. Le 19 janvier 2026 à Brazzaville, le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) a procédé à la remise officielle de deux instruments juridiques et techniques de premier plan au Ministère de l’Environnement, du Développement Durable et du Bassin du Congo, marquant un tournant décisif dans la protection des populations et du patrimoine naturel national.
Ces documents paraphés par la Ministre de l’Environnement, du Développement Durable et du Bassin du Congo, Secrétaire Exécutive de la Commission Climat du Bassin du Congo, Arlette SOUDAN-NONAULT et la Représentante Résidente du PNUD au Congo, Adama Dian BARRY, en présence de la Ministre des Petites et Moyennes entreprises et de l’artisanat, Jacqueline Lydia MIKOLO et d’autres représentants des institutions privées, visent à réduire la vulnérabilité des populations face aux inondations et au dérèglement climatique par des systèmes d’alerte précoces performants.

Cette participation souligne la transversalité des enjeux : la gestion des risques et la préservation de la nature sont les socles indispensables à une économie stable et à l’essor des entrepreneurs locaux.
UN REMPART CONTRE LES COLÈRES DE LA NATURE
Le premier document, la Stratégie nationale et plan d’action de gestion des risques de catastrophes naturelles, arrive à point nommé. Alors que les inondations récurrentes et les aléas climatiques pèsent lourdement sur l’économie et la sécurité des foyers congolais, ce plan vise un objectif clair : la prévention.
Avec un budget estimé à Vingt-deux milliards huit cents millions (22 800 000 000) FCFA, la stratégie intègre des mesures spécifiques pour renforcer la protection des femmes, des jeunes et des populations autochtones, leur participation et leur résilience, en reconnaissant leur rôle clé dans la prévention et la gestion des crises.

L’accent est donc mis sur la mise en place des systèmes d’alerte précoces performants, à travers la réduction des pertes humaines et matérielles, la protection du patrimoine culturel et des emplois, le renforcement de la résilience des communautés locales, l’amélioration de la sécurité nationale et de la cohésion sociale et la contribution accrue aux Objectifs de Développement Durable (ODD). L’idée est de transformer la réponse de l’État, passant d’une gestion de crise réactive à une anticipation proactive.
CAP 2030 : SANCTUARISER LA BIODIVERSITÉ
Le second outil technique est la Stratégie et plan d’action nationale de la biodiversité (2025-2030). Cet un outil stratégique traduit les engagements internationaux du Congo en actions concrètes. Cette stratégies’inscrit dans une vision de développement durable où la protection des ressources naturelles devient un levier de résilience pour les populations locales.
D’ici à 2030, cette stratégie a pour mission d’assurer la sécurité des ressources biologiques par une gestion durable, équitable et inclusive. Ce document définit spécifiquement comment la République du Congo entend préserver ses écosystèmes uniques, essentiels non seulement pour le pays mais pour l’équilibre climatique mondial.

A cet effet, selon les experts, avec un budget estimé à vingt-cinq milliards sept cent millions de (25 700 000 000) FCFA, 145 initiatives devront être mis en œuvre par les ministères, les collectivités locales, les communautés autochtones, les ONG et le secteur privé. Elles incluent la restauration des zones dégradées, la création d’aires protégées, la sensibilisation des populations, le développement de filières vertes et la mobilisation de financements innovants.
Dans son adresse, la Représentante Résidente du PNUD au Congo, Adama Dian BARRY, est revenu sur la quintessence de la formulation des stratégies nationales et de plans nationaux qu’elle qualifie d’une envergure transversale et holistiques.

« Ces outils constituent des axes centraux de la mise en œuvre d’une stratégie intégrée au Congo permettant d’ancrer les accords de Kunming-Montréal qui ont été ratifié par la République, l’accord de Paris sur le climat notamment à travers la contribution déterminée nationale 3.0, le Cadre de Sendai sur la réduction des risques et des catastrophes à la réalité nationale du Congo. La stratégie et plan d’action nationale de la biodiversité et la stratégie nationale et plan d’action de gestion des risques de catastrophes naturelles […] proposent des cadres opérationnels cohérents et complémentaires entre eux pour répondre aux défis de la conservation et de la restauration des écosystèmes clés qui sont menacés. Elles permettront aussi l’intégration de la biodiversité dans les politiques sectorielles et le renforcement des capacités institutionnelles et locales. La promotion d’alternatives économiques durables et la participation effectives des communautés autochtones et locales à l’économie », a-t-elle déclaré.
Bénéficier de l’appui technique du PNUD dans l’élaboration de ces deux outils stratégiques qui marque un pas vers la souveraineté écologique a stipulé la Ministre de l’Environnement, du Développement Durable et du Bassin du Congo, Secrétaire Exécutive de la Commission Climat du Bassin du Congo, Arlette SOUDAN-NONAULT.

« L’heure n’est plus aux intentions, elle est aux résultats tangibles […] nous ne pouvons pas restés de simples spectateurs de la dégradation de notre environnement, nous devons en être les protecteurs intrépides. Aujourd’hui nous décidons de rompre avec des approches fragmentés. La stratégie et plan d’action nationaux pour la biodiversité que nous remettons ce jour n’est pas un document de plus pour nos tiroirs, c’est un levier de croissance verte et bleue qui impose une restauration rigoureuse de nos écosystèmes, des forêts, des tourbières, de nos mangroves que nous avons tout le long de ce magnifique littoral. […] Il n’y aura plus de développement économique au détriment de notre patrimoine naturel. Il nous faut rompre avec l’inertie mais aussi passer de l’action à l’anticipation. Le changement climatique n’est plus une menace lointaine c’est une réalité qui frappe nos populations. […] La stratégie nationale de gestion de risque de catastrophes marque notre passage d’une logique de réaction subie à une culture de prévention. Ces deux outils consolident les piliers du programme intégré pour une croissance verte et résiliente au Congo signé avec le programme des Nations Unies pour le Développement en 2025 », a-t-elle révélé.

Du sommet de l’État aux communautés les plus reculées, l’enjeu est désormais celui de la transformation. Avec ces nouveaux outils, la République du Congo se donne les moyens de transformer sa vulnérabilité en vigilance. Le défi est immense, mais la trajectoire est tracée : faire du Congo un modèle de résilience où la préservation de la biodiversité devient le meilleur rempart contre les colères du ciel.
Marie CHOCO






