
MBABOU-MINGALI (Djoué-Léfini) – Sous les chapiteaux colorés, entre les parcelles de démonstration et les stands où s’exposent produits du terroir, semences améliorées et innovations agricoles, un même message s’impose : l’avenir du Congo ne se construira pas seulement dans les villes, mais aussi dans ses champs.
La Grande Foire Agricole du Congo n’a pas seulement été une vitrine du savoir-faire des producteurs. Elle a révélé les ambitions d’un pays qui entend faire de son agriculture un moteur de développement économique, de sécurité alimentaire et de protection de l’environnement.
Dans son discours d’ouverture, le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche a rappelé que « l’agriculture constitue l’un des piliers de la diversification de l’économie nationale », soulignant la volonté des pouvoirs publics d’accompagner les producteurs vers une agriculture plus moderne, plus compétitive et plus résiliente face aux défis climatiques.
Cette vision trouve un écho particulier dans le département du Djoué-Léfini. À l’ouverture de la foire, le préfet Léonidas Carel Mottom Mamoni a salué une initiative qui contribue à valoriser les potentialités agricoles locales, à stimuler les investissements et à créer des opportunités pour les jeunes et les femmes du monde rural.
Au fil des allées, les visiteurs découvrent des exploitations modèles, des techniques agricoles innovantes, des solutions de transformation locale et des équipements adaptés aux réalités congolaises. Chaque stand raconte une histoire : celle d’hommes et de femmes qui travaillent la terre avec l’ambition de nourrir le pays tout en préservant les ressources naturelles.
Mais derrière les récoltes abondantes se cache un défi de taille : produire davantage sans compromettre l’équilibre des écosystèmes. Les spécialistes présents rappellent que la lutte contre la déforestation, la préservation des sols, la gestion durable de l’eau et l’adoption de pratiques agroécologiques sont désormais des priorités pour garantir une agriculture durable.
Le Bassin du Congo, deuxième massif forestier tropical de la planète, représente un patrimoine écologique mondial. Son avenir dépend aussi des choix agricoles d’aujourd’hui. Développer une agriculture performante sans étendre les cultures au détriment des forêts apparaît comme l’un des grands enjeux de la transition écologique congolaise.
Au-delà des expositions, la foire favorise les échanges entre producteurs, chercheurs, investisseurs et décideurs. Les partenariats qui y naissent pourraient accélérer l’innovation, améliorer les revenus des exploitants et renforcer la souveraineté alimentaire du Congo.
La Grande Foire Agricole du Congo dépasse ainsi le cadre d’un simple événement économique. Elle symbolise la rencontre entre développement et environnement, entre innovation et tradition, entre croissance agricole et préservation du patrimoine naturel.
À Mbabou-Mingali, l’agriculture n’a pas seulement exposé son potentiel ; elle a esquissé les contours d’un Congo plus résilient, plus vert et résolument tourné vers l’avenir.
NGOUONIMBA CLAUDELIE





