La rivière Madoukou, modeste ruisseau urbain situé dans plusieurs arrondissements de Brazzaville, est aujourd’hui devenue le symbole d’un fléau environnemental menaçant à la fois la santé publique et l’équilibre urbain par la pollution plastique.
Une rivière transformée en dépotoir desdéchets plastiques alors qu’elle a été initialement conçue pour canaliser les eaux pluviales des quartiersdensément peuplés comme mikalou, ouenzé, talangaï et moungali. Cette rivière est aujourd’hui obstruée par ces déchets plastiques de tout genre empêchant ainsi le bon ruissellement des eaux.
Cette problématique présente d’énormes risques sanitaires et environnementaux. Car, ces sachets(bouteilles, emballages et résidus ménagers) provoquent la stagnation des eaux, les mauvaises odeurs, la présence des moustiques, des cafards, des rats et la prolifération des insectes vecteurs de plusieurs maladies.
En période de pluie, cela représente un risque accru des inondations pour les populations vivant à proximité de cette rivière chaque année.
Les causes de cette situation sont multiples :
- La défaillance de la collecte des déchetspar les services de l’Etat dans la quasi-totalité des quartiers de la ville capitale ;
- L’incivisme des citoyens de la ville car, ils préfèrent jeter leurs ordures dans les caniveaux, dans la rivière, sur les avenues que dans les poubelles ;
- Le manque de sensibilisation, la faible culture d’écocitoyenneté et d’éducation environnementale dans les écoles afin d’inculquer ces comportements de protection de l’environnement aux enfants.
Il est aujourd’hui important qu’un appel soit lancé auprès des autorités locales notamment les chefs des quartiers et les administrateurs maires en vue d’améliorer la gouvernance de l’assainissement communal. Il faut mobiliser tous les secteurs pour une ville viable. Le cas de la rivière madoukou illustre un défi majeur pour la ville de Brazzaville. Face à cette situation, il est impérieux de renforcer les infrastructures de collecte des déchets dans la ville et élargir les points de dépôt de ces déchets dans tous quartiers.
Nous osons croire que les failles relevées à la société AVERDA seront toutes relevées par son successeur ALBAYRAK afin que les populations qui vivent à proximité de la rivière madoukou vivent dans la quiétude.

Madoukou est aujourd’hui plus qu’une rivière : elle est un témoin silencieux de l’urgence écologique à Brazzaville. Sa transformation en dépotoir urbain illustre les failles d’un système d’assainissement en crise, mais aussi l’opportunité de redéfinir collectivement les rapports entre usagers, autorités et environnement. Il revient à chaque habitant, commerçant, élu local et autres de se mobiliser pour refuser cette pollution comme fatalité, et contribuer à redonner à Brazzaville un cadre de vie sain, digne et durable.
Achille MAYANDA






