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Conservation

RDC : l’Etat invité à mieux organiser le système de gestion de stock d’ivoires d’éléphants

Dans une nouvelle étude publiée il y a quelques jours, TRAFFIC encourage la Rd Congo à développer un système efficace de gestion de stocks d’ivoires. Cette étude a été financée par l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) dans le cadre de projet de Trafic de la Faune, Réponse, Evaluation et Etablissement des Priorités (Wildlife-TRAPS) et  par le WWF Cameroun, dans le cadre du projet de Wildlife Crime Initiative (WCI) Hub for Central Africa.

Intitulée « les stocks d’ivoire d’éléphant de la République Démocratique du Congo : Quel système de gestion mettre en Place ? », l’étude de TRAFFIC relève entre autres les lacunes du cadre institutionnel et réglementaire, les confusions dans les rôles et responsabilités des institutions publiques concernées, le faible niveau de coopération et de collaboration de celles-ci ainsi que leurs faibles capacités constituent entre autres, des facteurs majeurs qui, selon l’étude, « nuisent à la gestion efficace et sûre des stocks d’ivoire détenus par le Gouvernement en RDC.»

L’étude a été menée à la suite des révélations selon lesquelles,  pendant 26 ans (de 1990 à 2015), un minimum de 7 686 kg d’ivoire avait disparu sous  la garde du Gouvernement en RDC.

Les experts affirment que l’Afrique centrale a été identifiée ces dernières années comme l’une des principales sources de l’ivoire illégal, alimentant ainsi le commerce intérieur non réglementé de l’ivoire en Afrique de l’Ouest et Centrale, et à l’étranger, en particulier en Asie.

« L’une des sources d’approvisionnement connues de l’ivoire illégal sur le marché reste les fuites dans les stocks détenus par le Gouvernement », affirme l’étude de TRAFFIC.

Elle note par ailleurs, que « les obligations  internationales de la RDC dans le cadre de  la CITES comprennent l’élaboration et la mise en œuvre d’un plan d’action national pour l’ivoire (PANI) qui, depuis 2015, vise à contribuer à la protection et à la gestion durable des éléphants dans le pays en général et en particulier, à lutter contre le braconnage et le commerce illégal de l’ivoire ».

En guise de solution, TRAFFIC estime nécessaire qu’un Décret soit pris, fixant le statut de l’organisme public chargé de la gestion des aires protégées d’intérêt national (article 36 de la loi n ° 14/003 du 11 février 2014 relative à la conservation de la nature), pour clarifier ses compétences notamment en matière de gestion des stocks d’ivoire.

Un tel  Décret, estime le rapport, précisera également les modalités de sa collaboration avec d’autres institutions, dont la Banque Centrale du Congo, en ce qui concerne la gestion des stocks d’ivoire et ceux d’autres spécimens.

En RDC, les autorités en charge de la gestion des stocks d’ivoire n’ont pas assez de capacité et d’équipements de base nécessaires pour mener à bien cette activité.

« Un document d’orientation est impératif pour aider à freiner le commerce illégal de l’ivoire basé sur les pertes de stocks et devrait servir à assurer une meilleure tenue des registres, plus de transparence dans la gestion des stocks, un audit régulier de l’inventaire et la communication des résultats », a déclaré Sone Nkoke, coordonateur de TRAFFIC.

Traffic, le réseau de surveillance du commerce de faune et de flore sauvages, est une organisation internationale dont la mission est de s’assurer que ces échanges ne sont pas une menace à la conservation de la nature. TRAFFIC est un programme commun du World Wide Fund for Nature (WWF) et de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et travaille également en coopération étroite avec le Secrétariat de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES).

Fondé en 1976, le siège social du TRAFFIC se situe dans la ville de Cambridge, au Royaume-Uni et des bases régionales sont présentes dans les cinq continents.

Depuis sa formation, le réseau TRAFFIC a atteint une réputation en tant qu’organisation fiable et impartiale, ainsi qu’en tant que leader dans le domaine de la conservation et dans la manière de procéder au commerce de la faune et de la flore sauvages.

Ce réseau est global, axé sur la recherche et orienté vers l’action, dans le but de livrer des solutions pratiques et innovatrices basées sur les données les plus récentes.

Olivier KAMO

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