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Environnement

Afrique de l’Ouest : La santé des sols, nouvelle arme secrète de la lutte contre le chaos climatique

À l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement 2026, le Pôle régional pour les engrais et la santé des sols célèbre ses deux ans. L’institution s’est fixée un objectif titanesque : régénérer 1,5 million d’hectares de terres d’ici 2033 pour armer l’agriculture sahélienne face au dérèglement climatique.

C’est une vérité que l’on oublie trop souvent : la bataille du climat ne se joue pas seulement dans l’atmosphère, mais aussi sous nos pieds. Véritable « infrastructure » et solution climatique originelle de la nature, le sol africain possède un potentiel majeur de stockage de carbone. Un potentiel qui n’a pourtant rien d’automatique. Face à l’urgence, le Pôle régional pour les engrais et la santé des sols — un organe technique placé sous l’égide de la CEDEAO — passe de la théorie scientifique à l’action de terrain.

Cap sur 2033 : le plan de sauvetage des terres sahéliennes

Le Pôle régional vient de dévoiler sa feuille de route pour la prochaine décennie, et les chiffres donnent le tournis. D’ici 2033, l’organisation ambitionne de transformer durablement le paysage agricole de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel : 1,5 million d’hectares de terres agricoles vont bénéficier d’une cure de jouvence (hausse du carbone organique, du phosphore et du potassium, baisse de l’acidité, de la salinisation et de l’érosion). Aussi, 1,5 million d’agriculteurs seront formés et accompagnés pour adapter leurs cultures aux chocs climatiques.

L’enjeu est crucial : une terre en bonne santé, c’est la garantie d’une biodiversité renforcée, de meilleurs rendements pour les populations locales, et surtout, d’une résilience accrue face aux phénomènes météo extrêmes qui frappent régulièrement la région.

La science au service du paysan : la méthode des « 4R »

Pour transformer cet essai, le Hub mise sur le pragmatisme et la donnée scientifique. Ces deux dernières années ont été consacrées au déploiement de stratégies concrètes, notamment la méthode des « 4R » pour une gestion responsable des nutriments : appliquer la bonne source d’engrais, à la bonne dose, au bon moment et au bon endroit.

Cette approche est couplée à la Gestion intégrée de la fertilité des sols (GIFS), qui combine habilement engrais organiques et inorganiques. L’objectif ? Sortir du dogme pour offrir des conseils sur-mesure, adaptés aux spécificités de chaque agroécosystème local.

« Restaurer les sols, c’est restaurer l’avenir », résume-t-on au sein du Pôle régional à l’heure de souffler sa deuxième bougie.

Une coalition de géants pour la sécurité alimentaire

Hébergé par l’Institut international d’agriculture tropicale (IITA), ce pôle est le fruit d’une alliance stratégique inédite. Il rassemble la recherche, le secteur privé et des institutions de premier plan comme l’IFDC, OCP Afrique, l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) ou encore le programme AICCRA du CGIAR.

Financée par la Banque mondiale et OCP Afrique, cette coalition d’experts s’attelle désormais à un défi de taille : traduire les analyses de laboratoire en outils d’aide à la décision pour les gouvernements, et surtout, en solutions simples et applicables pour les millions de petits producteurs qui nourrissent l’Afrique de l’Ouest. En 2026, la transition écologique du continent ne passera pas seulement par l’énergie, elle naîtra d’abord de la terre.

Wilfrid Lawilla DIANKABAKANA

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