En marge des Assemblées annuelles de la Banque Africaine de Développement (BAD), organisées du 25 au 29 mai 2026 à Kintélé, en République du Congo, la Commission Climat du Bassin du Congo (CCBC) et la Banque de Développement des États d’Afrique Centrale (BDEAC) ont franchi un cap décisif. Sous le très haut patronage du Président de la République du Congo et Président de la CCBC, Denis SASSOU NGUESSO, la première table ronde des bailleurs de fonds, tenue le 26 mai en présence des principaux partenaires internationaux, a permis de mobiliser 3,65 milliards USD, ainsi que 7000 milliards USD de garanties financières, en faveur des projets climatiques et de développement durable du Bassin du Congo.
Alors que le monde cherche désespérément des mécanismes concrets pour financer la transition écologique, la Commission Climat du Bassin du Congo (CCBC) et la Banque de Développement des États d’Afrique Centrale (BDEAC) ont apporté une réponse magistrale.
En une seule session, la première table ronde des bailleurs de fonds a fait basculer la finance climatique africaine dans une nouvelle ère. Sur 5,32 milliards de dollars américain attendus pour accélérer le développement durable et la résilience climatique dans les pays du Bassin du Congo, plus de la moitié de la somme a été obtenue à l’issue de cette première table ronde du fonds bleu pour le Bassin du Congo.
Les fonds récoltés auprès des bailleurs internationaux, donateurs et investisseurs privés vont directement servir à propulser 63 projets structurants validés par le Fonds Bleu pour le Bassin du Congo.
Cette mobilisation massive vient corriger une injustice environnementale et économique en Afrique.
LA BDEAC ET LA CCBC : LE NOUVEAU TANDEM DE LA CROISSANCE VERTE
Ce tour de force est le résultat d’une synergie parfaite entre la Commission Climat du Bassin du Congo (CCBC), l’organe politique et stratégique, et la Banque de Développement des Etats d’Afrique Centrale (BDEAC), le bras financier de la sous-région.
En réussissant à réunir les principaux partenaires au développement en marge des Assemblées annuelles de la BAD (organisées du 25 au 29 mai 2026), les deux institutions ont démontré leur capacité de leadership et de gouvernance.
Entouré de ses homologues, notamment le Centrafricain Faustin-Archange Touadéra et le Gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema, le président congolais Denis SASSOU NGUESSO n’a pas caché sa satisfaction :

« Nous venons de poser un pas supplémentaire dans la marche vers le début de la réalisation du mandat statutaire du Fonds Bleu pour le Bassin du Congo attendu par les Etats et les populations, ainsi que toutes les parties prenantes. La mise en œuvre réussie de vos engagements va se réaliser selon l’approche publique méthodologique mise en place par la Banque de Développement des Etats d’Afrique Centrale en collaboration avec la Commission Climat du Bassin du Congo et la Banque Africaine de Développement (…) Notre souhait est clair et précis, les premiers financements réels des projets, doivent intervenir avant la fin de l’année 2026 »
17 PAYS, 63 PROJETS : UNE FEUILLE DE ROUTE CHIRURGICALE POUR L’AFRIQUE CENTRALE ET DE L’EST
Contrairement à certaines promesses non tenues des grands sommets mondiaux, la table ronde de Brazzaville s’est appuyée sur un catalogue de 63 projets structurants, validés et immédiatement bancables. Ce programme titanesque ne se limite pas aux frontières de la sous-région : il englobe 17 pays d’Afrique centrale et de l’Est, ainsi que 5 organisations régionales, formant un front uni pour la survie du premier poumon écologique mondial.
Ces projets ciblent des secteurs ultra-stratégiques qui lient directement la survie de la biodiversité à l’économie des populations locales :
- Les infrastructures bleues et l’assainissement : Aménagement des cours d’eau, accès à l’eau potable et gestion durable du littoral pour protéger les écosystèmes marins.
- L’agro-écologie et la sécurité alimentaire : Financement d’une agriculture et d’une pêche durables pour stopper la déforestation par brûlis et la surpêche.
- Les énergies renouvelables : Substituer le bois de chauffe (charbon de bois) par des solutions hydroélectriques et solaires de petite et moyenne envergure.
- L’écotourisme et l’innovation : Financer la recherche scientifique et valoriser l’économie côtière.
Assurant la gestion du Fonds Bleu pour le Bassin du Congo, le Président de la BDEAC, Dieudonné EVOU MEKOU a fait le bilan à mi-parcours de cette gestion, tout en réitérant l’engagement de son institution financière dans cette mission titanesque.

« Comme un satellite, le fonds Bleu pour le Bassin du Congo doit maintenir maintenance son altitude et sa cadence pour continuer à accroitre. La table ronde de ce jour n’est qu’un commencement. Ces 63 projets du premier programme prioritaire ne sont qu’une rampe d’essai. Nous ambitionnons les mettre en œuvre au cours des 3 prochaines années. A l’horizon 2028, nous devrions revenir vers vous avec de nouveaux programmes prioritaires, pour relever de nouveaux défis ».
Ces projets du Fonds Bleu pour le Bassin du Congo sont conçus pour être de véritables catalyseurs de développement : création d’emplois verts, renforcement de la sécurité alimentaire et amélioration des conditions de vie grâce à une gestion durable des ressources hydriques et forestières.
LE NOUVEAU PARADIGME : L’AFRIQUE NE QUEMANDE PLUS, ELLE CO-INVESTIT
Le message envoyé depuis Kintélé redéfinit totalement la géopolitique du climat. En transformant le Bassin du Congo en un « centre stratégique de l’économie verte globale », la CCBC et la BDEAC sortent définitivement de la logique de l’aide internationale passive.
En sa qualité de Secrétaire Exécutive de la CCBC, la Ministre de l’Environnement, du Bassin du Congo et du Développement Durable, Arlette SOUDAN-NONAULT, a rappelé non seulement les enjeux de ces assises mais aussi la place du fonds bleu pour le Bassin du Congo, dans le processus d’accélération du développement dans la sous-région.

« L’évènement de ce jour marque ainsi le passage de l’ambition politique à l’action concrète. La vision partagée au financement effectif et de la promesse climatique à l’impact socio-économique mesurable pour les populations. Le fonds bleu pour le Bassin du Congo est aujourd’hui un instrument essentiel pour accélérer cette transformation, il offre une réponse africaine, régionale et structurée en tenant pleinement compte des enjeux mondiaux aux défis du climat, de la biodiversité, de l’eau, des forêts, des tourbières, des mangroves, du développement inclusif et de la transition vers l’économie bleue, l’économie verte, l’économie circulaire et l’économie circulaire ».
Les 17 États membres se positionnent désormais comme des partenaires d’un co-investissement mondial. Protéger les tourbières et les forêts du Bassin du Congo est un service systémique rendu à l’humanité entière ; la table ronde de Brazzaville vient de prouver que la finance mondiale est enfin prête à payer le juste prix pour ce service. La prochaine étape, critique, sera celle des premiers décaissements pour que l’argent du climat se matérialise enfin dans le quotidien des populations africaines.
Créé en 2016 lors de la COP22 à Marrakech, le Fonds Bleu pour le Bassin du Congo (F2BC) a longtemps été perçu comme un projet ambitieux mais lent à se concrétiser. Près de dix ans de préparations techniques, d’harmonisations institutionnelles et de lobbying politique intenses ont été nécessaires pour en arriver là. Le 26 mai 2026 à Kintélé, la patience a enfin payé.
À quelques mois des prochaines échéances climatiques mondiales, l’Afrique centrale envoie un message clair au reste du monde : le continent ne vient plus négocier des aides, il présente des solutions prêtes à l’emploi. Le succès de Kintélé pose les bases d’un nouveau paradigme où la conservation de la biodiversité devient le moteur d’une économie émergente et durable.
La trajectoire est désormais tracée. Il reste à présent aux équipes de la BDEAC et de la CCBC d’accélérer les décaissements pour que les premiers coups de pioche de ces 63 projets transforment rapidement la réalité du terrain.
Marie CHOCO






