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Forêt

Indignation au Zimbabwe : le lion Mopane tué par un Américain

Un lion prénommé Mopane a été tué par un chasseur de trophées américain dans le parc national Hwange, au Zimbabwe. Une affaire qui rappelle le douloureux souvenir de Cecil, un lion abattu de façon similaire en 2015.

Mopane, un lion reproducteur âgé de 12 ans, régnait en maître dans le parc national Hwange, dans l’ouest du Zimbabwe, à la frontière avec le Botswana. C’était sans compter sur Phillip Smith, un Américain chasseur de trophées, qui a abattu l’animal à l’aide d’un arc et d’une flèche le 5 août dernier, rapporte le quotidien zimbabwéen NewsDay.

À la chasse aux trophées

Mopane a été attiré par un appât en dehors du parc Hwange vers une concession de chasse appelée “Antoinette”. Le quotidien précise qu’aucune clôture ne sépare les deux espaces. Mopane n’est pas mort sur le coup ; il a d’abord été grièvement blessé. C’est au bout de vingt-quatre heures que le chasseur aurait abattu l’animal, précise NewsDay. L’Américain était accompagné d’un chasseur professionnel de Chattaronga, un organisateur de safaris de chasse. Même si les défenseurs des animaux grondent au Zimbabwe, cette pratique n’y est pas interdite.

Considérée comme un sport par certains, la chasse aux trophées est très appréciée aux États-Unis. Selon les informations du quotidien New Zimbabwe, plus de 1,26 million de “trophées” d’animaux sauvages ont été importés aux États-Unis entre 2005 et 2014, ce qui équivaut à plus de 126 000 trophées chaque année. Entre 2009 et 2018, 7 667 trophées de lions ont ainsi été échangés sur le marché international. Le quotidien rappelle par ailleurs qu’avec environ 20 000 lions à l’état sauvage en Afrique l’espèce est considérée comme “vulnérable”.

Ce type de comportement est condamné par Kitty Block, présidente de The Humane Society of the United States, une organisation qui promeut la défense des animaux à l’échelle internationale : « encore un chasseur de trophées qui dépense des dizaines de milliers de dollars pour s’offrir le frisson de tuer à l’autre bout du monde et montre le pire de l’humanité. Les États-Unis présentent la distinction honteuse d’être les plus grands importateurs de trophées de chasse. Ça suffit« .

Un mâle convoité

Mopane avait formé un clan avec un autre lion mâle nommé Sidhule, deux femelles adultes et six jeunes lions âgés de 16 à 18 mois, selon The Humane Society of the United States. Ensemble, ils formaient le clan de Somadada. En août 2019, Sidhule avait également été “attiré hors de Hwange et tué par un autre client de Chattaronga”, précise NewsDay.

Mopane était un félidé convoité dans le milieu de la chasse aux trophées. Il avait en effet été présenté comme “un trophée possible” dès le 5 décembre 2020 par Big Game Safaris International, l’une des principales agences de safari de chasse du sud de l’Afrique.

Même s’il ne portait pas le collier bleu permettant de l’identifier comme tel, précise le Telegraph, Mopane était étudié dans le cadre de WildCRU, un projet de recherches mené par le département de conservation de la faune sauvage de l’université d’Oxford.

La colère monte

Cette affaire rappelle celle de Cecil, un lion de 13 ans tué par Walter James Palmer, un dentiste américain, en 2015. Le lion avait été leurré par une carcasse d’éléphant avant d’être tué à l’arc et laissé à l’agonie pendant plusieurs heures. Les faits s’étaient également produits dans la concession Antoinette, près du parc national Hwange.

Depuis l’annonce de la nouvelle, des dizaines d’activistes anti-chasse protestent sur les réseaux sociaux et appellent à une réglementation plus stricte de la chasse à l’arc, explique le journal britannique conservateur The Daily Telegraph.

https://www.courrierinternational.com

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