
Bien que la caféiculture en République Démocratique du Congo, et plus particulièrement au Sud-Kivu, soit centenaire, elle traverse aujourd’hui une crise profonde. Autrefois pilier de l’économie, le café cède désormais la place aux cultures vivrières telles que les légumineuses et les tubercules. Chaque année, des milliers de caféiers sont dessouchés dans l’est du pays, marquant un déclin inquiétant de ce patrimoine agricole.
Actuellement, les pays en développement font face à des défis économiques et environnementaux majeurs. Dans ce contexte, l’agriculture durable s’impose comme une solution indispensable, le café en constituant l’un des piliers centraux. Pour la République Démocratique du Congo, la revitalisation de la filière café bio nécessite désormais une approche renouvelée, capable d’intégrer des objectifs stratégiques adaptés aux enjeux contemporains.
Face aux enjeux du secteur, l’INERA, principale institution de recherche agricole du pays, a amorcé la revitalisation de la filière caféière au Sud-Kivu. Le Centre de recherche de Mulungu, localisé à 25 km de Bukavu dans le territoire de Kabare, se trouve au cœur de cette stratégie avec une spécialisation marquée pour la production de café biologique.

Véritable moteur de l’économie rurale, la culture du café est la clé du développement à l’est de la République Démocratique du Congo. Alors que le secteur agricole emploie la majorité des actifs de la région, la transition vers le café bio offre des perspectives prometteuses. Cette filière à haute valeur ajoutée permet non seulement de valoriser le travail des planteurs, mais aussi de transformer durablement leurs conditions de vie.
« Le café biologique est le fruit d’une agriculture respectueuse de l’environnement, proscrivant tout usage d’engrais chimiques ou de pesticides. Comme l’explique l’Ingénieur Gaby Shabani Salumembe, Chef d’Antenne Café à l’INERA-Mulungu, cette culture répond aux exigences sanitaires et environnementales internationales. Souvent pratiquée sous ombrage, elle permet de préserver la biodiversité et la santé des sols grâce à l’intégration judicieuse d’arbres protecteurs. »
De notre correspondant René BAGALWA / RDC






