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Forêt

Les forêts, un acteur clé dans la crise de l’eau et les ODD

Selon un rapport, en dépit de la contribution des forêts à la durabilité de l’eau, chercheurs et universitaires ont rarement étudié les liens entre les forêts, le changement climatique et l’eau en Afrique.

Le rapport estime qu’environ sept milliards d’êtres humains occupant actuellement la terre se disputent les ressources en eau avec plus de trois mille milliards d’arbres, ce qui rend crucial le besoin d’aborder les liens entre forêt, eau, peuplement et climat.

Le rapport, publié lors du Forum politique de haut niveau des Nations Unies sur le développement durable, à New York (États-Unis) le mois dernier (10 juillet), ajoute que les forêts constituent un rempart contre une crise imminente de l’eau, à l’échelle mondiale.  Le rapport est issu de l’examen d’environ 1.000 articles publiés au cours des dix dernières années, axés sur la façon dont les forêts interagissent avec les changements climatiques pour influencer les objectifs de développement durable et les options pour mieux gérer les forêts afin de prévenir une pénurie d’eau.

“Les problèmes d’eau ne peuvent être compris sans les interactions végétation-climat. Les effets climatiques ne peuvent pas être compris sans se focaliser sur l’eau”

Meine Van Noordwijk, Centre mondial d’agroforesterie

Meine Van Noordwijk, corédacteur du rapport et expert en agroforesterie au Centre mondial d’agroforesterie [World Agroforestry Centre, en Indonésie], explique à SciDev.Net qu’en Afrique, la plupart des analyses ont tendance à se concentrer sur le bassin hydrographique –  zone géographique correspondant à l’aire de réception des précipitations et d’écoulement des eaux, tant les eaux de surface que les eaux souterraines vers un cours d’eau.

« Le rôle des sols forestiers dans la stabilisation des flux d’eau par rapport aux pluies entrantes est bien connu », déclare Meine van Noordwijk.

« Cela permet de réduire l’intensité des inondations et d’éviter les sécheresses dans le bassin versant. »

Le rapport, produit par plus de 50 scientifiques de 20 pays, a été publié par l’Union internationale des instituts de recherches forestières, dont le siège est en Autriche.

La littérature spécifique à l’Afrique comprend des études menées en Afrique du Sud, avec une gestion forestière active pour optimiser les débits des fleuves, le bassin du Congo et du Nil, des études en Afrique orientale et le gradient forêt-savane-Sahel ouest africain avec ses parcs.

Selon Van Noordwijk, il est important de reproduire l’étude à une échelle plus régionale, impliquant davantage de scientifiques et de décideurs nationaux.

Le discours et les politiques actuels sur les forêts et le climat, estime-t-il, sont largement axés sur le carbone, tandis que les aspects liés à l’eau pourraient bien être plus importants pour les vies humaines en Afrique.

« Les problèmes d’eau ne peuvent être compris sans les interactions végétation-climat. Les effets climatiques ne peuvent pas être compris sans se focaliser sur l’eau », ajoute-t-il. Une coopération internationale efficace est nécessaire pour étudier plus systématiquement les questions transfrontalières telles que le recyclage des précipitations en Afrique.

Si aucune mesure n’est prise par les décideurs politiques, les précipitations dans les régions dépendantes du recyclage, telles que l’Éthiopie et le Sahel, seront affectées, avec un impact sur des dizaines de millions de familles d’agriculteurs, avertit Meine Van Noordwijk. George Okoye Krhoda, professeur agrégé de géographie et d’études environnementales à l’Université du Kenya à Nairobi, affirme pour sa part que les principaux facteurs de la pénurie d’eau en Afrique subsaharienne sont la croissance démographique, le développement économique et social rapide et le changement climatique.

« Un quart de la population urbaine africaine n’a pas accès à un approvisionnement en eau potable, tandis qu’un tiers de la population rurale a accès à un approvisionnement en eau relativement polluée », explique George Okoye Krhoda, également directeur de Research on Environment and Development Consultants Ltd, au Kenya. La relation eau-forêt, dit-il, est remplie de mythes, de malentendus, de désinformation et de mauvaise interprétation des données. Il est nécessaire d’étudier les impacts de la déforestation et leurs liens avec la disponibilité de l’eau en Afrique, pour fournir des données de surveillance à long terme.

George Okoye Krhoda a en outre déclaré à SciDev.Net que « de nombreux pays africains ont maintenant élaboré des politiques, de nouvelles lois et stratégies. » Cependant, note-t-il, la mise en œuvre se heurte à des déficits de ressources et de nombreux pays dépendent des partenaires au développement pour financer leurs budgets nationaux en matière de gestion de l’eau. » « Il y a des défis en matière de gouvernance, de manque de compétence et d’ingérence politique – en particulier dans le domaine de l’eau ».

 

Source : SciDev.Net

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