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Interview AEP

Interview : Monsieur KADDU SEBUNYA,Président de African Wildlife Foundation

Afrique Environnement Plus : Qu’est-ce qui caractérise l’action de AWF au niveau africain?

Monsieur KADDU SEBUNYA: Fondée en 1961, African Wildlife Foundation (AWF) est la principale organisation de conservation axée uniquement sur le continent Africain. Depuis sa création, AWF a protégé les espèces menacées et les terres, a promu des partenariats avec le secteur privé pour l’écotourisme au profit des communautés locales Africaines pour améliorer les moyens de subsistance et a formé des centaines de ressortissants Africains dans la conservation – tout ceci pour assurer la survie du patrimoine sauvage sans précédent de l’Afrique. Nous travaillons en étroite collaboration avec les gouvernements Africains, mais aussi avec des institutions panafricaines comme l’Union Africaine, la Banque Africaine de Développement (BAD), et des institutions sous régionales telles que la Communauté économique des États d’Afrique Centrale (CEEAC), le Marché commun de l’Afrique Orientale et Australe (COMESA) et bien d’autres encore pour protéger les terres et la faune sauvage de l’Afrique et assurer un avenir plus durable pour les populations Africaines.

En tant qu’ancienne et plus grande organisation de conservation axée uniquement sur le continent Africain, AWF s’engage à amplifier la voix des Africains sur la conservation de la faune et des terres sauvages à l’échelle mondiale.

Comment appréciez-vous les actions dans le bassin du Congo, qu’est-ce qui caractérise l’approche du AWF dans le bassin du Congo, sur quoi est ce qu’on repose les acquis ?

La réunion du partenariat pour les forêts du bassin du Congo qui nous réunit ici en ce jour est une opportunité pour nous d’être ensemble et de développer une vision pour le bassin du Congo, comment le bassin du Congo doit se présenter dans le future, et nous savons que nous avons besoin d’une participation massive de tout le monde pour le développement du bassin du Congo, parce que le bassin du Congo a besoin des routes, des écoles, des hôpitaux, etc. Donc, nous ne pouvons pas juste continuer à penser uniquement à la conservation dans le bassin du Congo sans penser à son développement. Le développement est en marche et c’est une bonne opportunité. Nous devons connaitre le rôle du système écologique au Congo. Nous sommes très contents des discussions  qui se  passent ici particulièrement sur la conservation parce qu’il y a un intérêt à investir dans le bassin du Congo qui est le second poumon vert de la planète après le bassin de l’Amazonie. Donc, le bassin du Congo regorge de plusieurs opportunités et revêt d’un intérêt international

Vous avez engagé un certain nombre de consultations et vous avez eu à échanger avec un certain nombre de personnalités sur la réunion du PFBC. Que peut-on retenir comme substance de ces échanges ?

Je suis venu avec plusieurs messages mais le plus important est la voix des africains. Nous voulons entendre les africains parler et dire pourquoi le bassin du Congo est important pour nous. Nous aimerions entendre de nos leaders comme les présidents, nos ministres mais pas seulement les ministres de l’environnement mais aussi les ministres des finances, des plans et les dirigeants de la banque centrale du bassin du Congo, pourquoi le bassin du Congo est important non seulement pour l’Afrique mais aussi pour les autres pays ; ensuite quel est le rôle de la flore et de la faune dans cet important site. Donc, l’opinion des africains est très importante pour nous permettre d’accomplir notre mission dans le bassin du Congo.

Les questions de financement dans le cadre de la conservation constituent de nos jours un frein dans la mise en œuvre des projets. AWF a-t-il des solutions qu’il apporte pour répondre à ces approches, même dans le cadre de la lutte contre le braconnage notamment celui des éléphants, quels sont les mécanismes mis en œuvre ?

Le financement est très important mais ce n’est pas le seul facteur qui pose problème. L’Afrique reçoit plus d’aide étrangère que n’importe quel autre continent, mais l’Afrique est néanmoins le continent le moins développé de cette planète. Donc, nous ne devons pas penser que le financement est le plus important, ce qui est plus important est de décider de l’avenir que nous voulons et de pouvoir faire quelque chose pour l’avoir ; cela est plus important que n’importe quel financement en Afrique  Ce qui est nécessaire à la nature ce n’est pas seulement le financement, c’est ce que les africains décident de faire de notre héritage et ce que nous faisons, nous le faisons au profit de la nature, mais nous avons besoin de décider de ce que nous voulons faire de notre héritage, si nous allons l’abandonner au commerce international et au commerce des personnes ou pas mais aussi voir comment cet héritage est connecté au développement. C’est plus important que les financements actuels. La chose qui est aussi importante est la connexion entre ce que nous faisons dans la conservation et le développement des autres secteurs d’activités. La conservation est une ressource naturelle, si l’on ne gère pas bien les ressources naturelles, cela créera des conflits et si l’on créé des conflits, l’on doit avoir des indices pour nous aider à résoudre le conflit. Donc, nous n’avons pas besoin de connaitre l’origine du conflit avant de trouver l’aide nécessaire pour le résoudre, parce que pour combattre le crime, l’on construit des prisons et pour lutter contre la maladie, l’on construit des hôpitaux, donc l’environnement fait partie de tout cela de même que l’agriculture car nous ne pouvons pas financer l’agriculture sans penser aux ressources d’eau et au sol. Je pense que la criminalité faunique de nos jours est plus importante que tout et nous cherchons actuellement les fonds pour la conservation.  Plus nous continuons de chercher de l’argent à l’extérieur jour après jour dans les activités, plus nous arriverons à séparer la conservation des autres secteurs. C’est ce que nous faisons toujours et cela devrait être fait.

AWF est un programme implanté en Afrique. En termes de résultats que ressort-il de satisfaisant qui soustend son expansion dans les autres régions d’Afrique de part  son expérience de Kenya et d’autres pays non membres du bassin du Congo?

L’un des exemples que je pourrais vous donner au sujet de l’African Wildlife Foundation (AWF) est que nous sommes leaders en Afrique dans la gestion des avantages des ressources naturelles des communautés locales. Nous fournissons aux populations autochtones les ressources qui proviennent de l’environnement en les soutenants dans leurs activités et nous en sommes fiers. Dans le sud de la Tanzanie par exemple, grâce à un programme de partenariat appelé SUSTAIN-Africa (http://www.waterandnature.org/SUSTAIN/geographies/SAGCOT), nous démontrons comment intégrer la gestion de l’eau, des terres et des écosystèmes avec des entreprises durables pour montrer une croissance verte inclusive en utilisant l’approche des paysages. Nous sommes également le premier groupe à former de jeunes Africains dans la gestion de la conservation. Aussi, à travers notre programme Classroom Africa (www.classroomafrica.org), nous avons construit deux écoles, l’école primaire d’Ilima, dans une des parties éloignée de la forêt dans le nord-ouest de la RDC et l’école primaire de Manyara Ranch en Tanzanie, afin de fournir à ces enfants des zones rurales, une éducation de qualité aujourd’hui et les préparer à être les leaders de demain.

   Propos recueillis par Raoul SIEMENI

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