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Environnement

Environnement : l’Afrique de l’Ouest opte pour des véhicules moins polluants

Avec une population de près de 400 millions d’habitants, l’Afrique de l’Ouest possède l’un des parcs automobiles dont la croissance est la plus rapide au monde. Comme dans la plupart des pays africains, la majeure partie des importations de véhicules vers la région est constituée de véhicules d’occasion.

Les réglementations visant à limiter la qualité des voitures importées dans la région sont faibles. Cette situation, associée à la mauvaise qualité des carburants, est l’une des principales causes de l’augmentation des niveaux de pollution atmosphérique dans les villes de la région. La population souffre des effets de l’inhalation de fumées toxiques. Les enfants, qui se rendent à pied dans les écoles et qui empruntent des routes très fréquentées, et les vendeurs informels le long de ces routes sont les plus exposés aux effets de ces fumées toxiques sur la santé. En 2016, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a désigné « Onitsha », une ville du Nigeria, la ville la plus polluée au monde en termes de petites particules nocives (PM10).

C’est dans ce cadre que les ministres de l’Environnement et de l’Énergie des quinze pays de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) se sont réunis au mois de février à Ouagadougou, au Burkina Faso, et ont adopté un ensemble complet de réglementations visant à introduire des carburants et des véhicules plus propres dans la région. Il s’agit d’une étape importante dans la réduction de la pollution atmosphérique et des émissions climatiques dans la région.

La réunion ministérielle de haut niveau a été organisée par la Commission de la CEDEAO avec le soutien du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) ainsi que d’autres partenaires. Les réglementations adoptées par les ministres ont été l’aboutissement de plusieurs années de travail menées par le PNUE pour améliorer les normes des carburants et des véhicules dans la région. Les réglementations spécifiques adoptées par les ministres sur les carburants et les véhicules plus propres sont les suivantes :

  • Une norme de cinquante parties par million (ppm) de soufre pour l’essence et le diesel pour tous les carburants importés à partir du 1er janvier 2021. Il s’agit d’une étape importante pour la région, car certains pays ont encore des normes de carburant qui permettent d’importer des carburants diesel jusqu’à 10 000 ppm.

Les raffineries locales auront jusqu’au 1er janvier 2025 pour améliorer leurs opérations afin de répondre aux nouvelles exigences et de se conformer aux autres paramètres des carburants, tels que le benzène et le manganèse, qui ont été convenus par les ministres. Cette décision aura un impact significatif sur la qualité de l’air dans la région, car seulement 20 % environ des besoins en carburant de la région sont raffinés localement, tandis que 80 % sont importés.

  • Tous les véhicules importés, qu’ils soient neufs ou d’occasion, ainsi que l’essence et le diesel, devront se conformer à une norme minimale d’émissions de véhicules EURO 4/IV à partir du 1er janvier 2021. Une limite d’âge de dix ans pour les véhicules d’occasion a également été convenue, avec une recommandation d’une limite d’âge de cinq ans pour les véhicules utilitaires légers.
  • Un plan visant à améliorer l’efficacité énergétique des véhicules importés a également été adopté, avec pour objectif de doubler l’efficacité du parc automobile, en passant d’une moyenne de huit litres aux cent kilomètres aujourd’hui à 4,2 litres aux cent kilomètres d’ici 2030. Un objectif intermédiaire de cinq litres aux cent kilomètres d’ici 2025 a également été convenu. Le plan ou la feuille de route sur l’efficacité énergétique des véhicules comprend des propositions visant à introduire des incitations fiscales pour attirer dans la région des véhicules peu ou pas polluants, des mesures pour promouvoir les véhicules électriques et un nouveau label harmonisé pour les véhicules nouvellement importés indiquant l’efficacité énergétique et les émissions de CO2 du véhicule afin de sensibiliser les consommateurs.

Ces décisions vont être soumises à un conseil des ministres qui se tiendra en juin 2020, pour adoption formelle. Une fois adoptées, les décisions juridiquement contraignantes entreront en vigueur au plus tard le 1er janvier 2021. Le processus n’est pas terminé, car plusieurs pays demandent maintenant un soutien pour leur mise en œuvre, par exemple les aider à rédiger des normes nationales en matière de carburants et de véhicules, ou mettre en œuvre la feuille de route sur l’économie de carburant et introduire la mobilité électrique.

Boris Kharl Ebaka

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