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Environnement

UICN : les aires protégées d’Afrique Centrale, un enjeu primordial pour la lutte contre les changements climatiques.

Le rapport intégral 2020 sur les aires protégées d’Afrique Centrale a été présenté le 06 septembre 2021 au congrès mondial de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN). Cette présentation faite par le Dr Charles DOUMENGUE, Expert Chercheur au Cirad et Mme Florence PALLA, Coordonnatrice du Projet COMIFAC/RIOFAC, s’inscrit dans le cadre des évènements organisés précisément au pavillon « Vital Sites for a Protected Planet ».

Cet ouvrage qui implique une cinquantaine d’auteurs d’Afrique Centrale et d’ailleurs, dresse un portrait agencé du réseau d’aires protégées de l’ensemble de la région. Il montre également l’importance des aires protégées pour le développement durable de l’Afrique Centrale et, a pour objectif entre autre, de contribuer à un dialogue multisectoriel et à une meilleure intégration de ces données dans les stratégies de développement des pays.

La publication de ce rapport est une étape importante dans le cadre d’un long processus commencé depuis le 5ème congrès mondial des parcs de l’UICN tenu à Durban (Afrique du Sud) en 2003. Le rapport apporte également une contribution significative à l’évaluation de l’état actuel de nombreux facteurs qui participent au succès des systèmes des aires protégées.

L’état 2020 sur les aires protégées d’Afrique Centrale, examine aussi les progrès qui ont été accomplis pour atteindre les objectifs nationaux et mondiaux et, les mesures par rapport à des normes crédibles d’efficacité. Il fournit enfin un diagnostic de ce qui manque, où se trouvent les lacunes et comment y remédier grâce à un renforcement ciblé des capacités.

Au cours de cette présentation, les speakers ont mis en lumière la structuration globale de l’ouvrage et, ont signifié que les thématiques traitées dans ce document ont pour objet, d’améliorer l’efficacité des aires protégées en tant qu’outil d’aide à la décision. Une structure composée d’un chapitre introductif sur la dynamique des aires protégées en Afrique Centrale et, deux sections qui évoquent la gouvernance des aires protégées d’une part et des liens entre le développement durable et les aires protégées d’autre part.

‘’Les aires protégées d’Afrique Centrale, état 2020’’ traite également des thèmes notamment, l’écotourisme, les conflits hommes-éléphants, la transhumance, les mines et industries pétrolières.

Pour les orateurs, l’Afrique Centrale compte une étendue de 206 aires protégées créées par les Etats et qui couvrent environs 800.000km², soit environ 14.8% du territoire régional et 5.0% des zones marines. De plus, il y a 77 aires protégées internationales qui couvrent près de 610.000 km² et 22% des aires protégées internationales de l’Afrique Centrale qui bénéficient d’un statut officiel de protection.

Gouvernance des aires protégées en Afrique Centrale

Le Dr Charles DOUMENGUE et Mme Florence PALLA ont insisté sur l’implication des communautés rurales dans la gouvernance et la gestion des aires protégées et la promotion du partenariat public-privé, afin d’accroitre la contribution des aires protégées au PIB des Etats et l’amélioration des conditions de vie des populations autochtones et locales.

Industries extractives et aires protégées en Afrique Centrale pour le meilleur et le pire ?

A cet effet, les orateurs ont signifié que, les industries extractives constituent une menace pour les aires protégées. « Elles chevauchent sur les territoires des aires protégées, environ 55% dont 49.2% du secteur pétrole-Gaz et 4,3% du secteur des mines ». Celles-ci ont pour conséquence, de lourds impacts mais, peuvent devenir des opportunités de partenariat avec le secteur privé pour l’efficacité des aires protégées.

A noter que, presque tous les pays, ont atteint ou dépassé les objectifs d’Aïchi et 50% des aires protégées d’Afrique Centrale ont été créées au cours de ces vingt dernières, désignant la ferme volonté des Etats appuyés par la Commission des forêts d’Afrique Centrale (COMIFAC), pour la conservation de la riche biodiversité du Bassin du Congo et les zones périphériques.

Sur ce, la nécessité des améliorations à apporter au systèmes des aires protégées aux échelles nationales et sous-régionales dans le Bassin du Congo a été suggéré au cours de cette présentation, notamment en ce qui concerne l’efficacité de gestion, la représentation des écosystèmes et la connectivité.

Après avoir présenté l’état 2020 sur les aires protégées d’Afrique Centrale, les participants ont posé des questions aux panelistes qui ont répondu à leurs préoccupations.

Cette édition 2020 sur l’état des aires protégées d’Afrique Centrale a été coordonnée par trois éditeurs scientifiques du Cirad et de l’OFAC-COMIFAC et a bénéficié de l’appui financier de l’Organisation des Etats d’Afrique Centrale, Caraïbes et Pacifique (OEACP) et de l’Union Européenne, à travers les programmes BIOPAMA et RIOFAC, ainsi que de la coopération allemande à travers la GIZ, programme d’appui à la COMIFAC.

Marielle BAKATOULA

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