
Clôturé le 17 avril 2026 à Kintélé, le projet de recherche sur le système agroforestier Acacia-Manioc marque un tournant pour l’agriculture en République du Congo. Financée par le programme RESSAC avec l’appui de l’Union européenne et du CIFOR-ICRAF, cette étude prouve que la science peut offrir une alternative rentable et durable aux pratiques traditionnelles.
Une alliance stratégique pour le développement
Initié en mars 2024, ce projet est le fruit d’une collaboration entre l’Université Denis Sassou-N’Guesso (via l’ISSGEA) ; la société SPF2B (Groupe FRM) et l’Université de Liège (Belgique).
L’objectif ? Concilier la préservation des forêts et l’augmentation des revenus ruraux. Comme l’a souligné Michel Didace Mvoula Tsieri, vice-président de l’UDSN, ce projet fait enfin « le pont entre la rigueur académique et les besoins urgents du monde rural ».
Des résultats spectaculaires : Neuf fois plus de bénéfices
Les recherches, portées notamment par les docteurs Yves Kwibuka et Grace Jopaul Loubota Panzou, révèlent des chiffres sans appel que le système agroforestier génère des bénéfices financiers 9 fois supérieurs à la culture traditionnelle sur brûlis.
Malgré une densité de plantation plus faible (3 800 plants/ha contre 10 000 en système classique), la production de manioc atteint 9 à 12 tonnes par hectare, particulièrement avec la variété locale « Adèle ».
En termes d’innovation écologique avec l’utilisation du biochar améliore significativement la croissance des acacias et la fertilité des sols. Au-delà du manioc, le modèle permet la production de bois d’œuvre (Acacia mangium), de charbon (Acacia auriculiformis), de miel (apiculture) et l’accès aux crédits carbone.
Transmission et pérennisation : l’école du terrain
Le projet RESSAC a également servi de catalyseur pour la jeunesse scientifique congolaise au nombre desquels 13 étudiants en Master et des stagiaires ont été formés directement sur le terrain.
Quatre (4) articles scientifiques et une note de politique ont été rédigés pour assurer la diffusion des savoirs.

Vers un déploiement national
Bien que le projet arrive à son terme administratif, les experts appellent désormais à une action politique forte. Une Note de Politique (Policy Brief) sera transmise aux ministères de l’Agriculture, de l’Économie Forestière et de l’Environnement pour encourager un passage à grande échelle.
« Le choix est clair : plantez le manioc en système agroforestier… c’est neuf fois plus élevé et c’est durable », a conclu le Dr Yves Kwibuka.
L’enjeu est désormais de transformer cet essai réussi sur les Plateaux Batéké en un modèle de souveraineté alimentaire et écologique pour l’ensemble du pays.
Wilfrid Lawilla DIANKABAKANA






